Dans la solitude

des champs de coton

Projet de scénographie

Esquisse de la scénographie d’une pièce de Bernard-Marie Koltès, créée à la salle Gabily du TNB dans le cadre d'un workshop avec l'EESAB

Scénographie, vidéo et lumière: Auriane Durand, Sarah Stéfani

2015

Noir. Voix off : «Un deal est une transaction commerciale portant sur des valeurs prohibées ou strictement contrôlées, et qui se conclut, dans des espaces neutres, indéfinis, et non prévus à cet usage, entre pourvoyeurs et quémandeurs, [...] à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, indépendamment des heures d’ouverture réglementaires des lieux de commerce homologués, mais plutôt aux heures de fermeture de ceux-ci.» 

Une lumière découpe un parcours linéaire et révèle la présence d’un homme, le client. Il se tient debout, en haut de cette ruelle de marches. En face de lui au loin, une lueur à la fenêtre vacille, métaphore du désir que la présence du dealeur fait naître en lui.  


Voix off : Le dealeur « Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c’est que vous désirez quelque chose que vous n’avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir »

L’homme entame alors une lente descente, en proie à ce désir grandissant. Autour de lui les lumières de la ville défilent, alors qu’il évolue dans l’atmosphère étrange du crépuscule, dans un espace de l’entre-deux.
Voix off : Le client « J’allais de cette fenêtre éclairée, derrière moi, là-haut, à cette autre fenêtre éclairée, là-bas devant moi, selon une ligne bien droite qui passe à travers vous parce que vous vous y êtes délibérément placé » 

Orientée dans le sens inverse de la lecture, cette marche coupable, difficile, est observée  par une ligne de regards projetés sur un écran dominant la scène.

Résultant de la captation du public, ce regard critique et juge de l’autre déstabilise le client, et confronte le parcours et le public en une frontalité symétrique.
 

Dans la solitude des champs de coton
la scénographie
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